{"id":2879,"date":"2026-09-11T00:38:48","date_gmt":"2026-09-11T00:38:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/?page_id=2879"},"modified":"2026-09-11T01:35:06","modified_gmt":"2026-09-11T01:35:06","slug":"april-5-1978","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/?page_id=2879","title":{"rendered":"5 avril 1978"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pg. 15 The Representative, Leduc, Alberta, 5 avril 1978*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Histoire de Beaumont \u2013 de la colonie au hameau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par Barbara Willis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier article de cette s\u00e9rie sur l\\&#8217;histoire de Beaumont traitait des tout d\u00e9buts de la colonisation de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis l\\&#8217;arriv\u00e9e des premiers colons au d\u00e9but des ann\u00e9es 1890 jusqu\\&#8217;au tournant du si\u00e8cle, la colonie s\\&#8217;est agrandie pour compter 45 familles canadiennes-fran\u00e7aises et 30 familles anglophones. En 1900, le hameau de Beaumont comprenait une \u00e9glise, un presbyt\u00e8re et un magasin avec un bureau de poste et une forge. Parmi les familles r\u00e9sidentes figuraient les Gagnon, les Lavigne, les Chartier et les Vall\u00e9e. L\\&#8217;\u00e9cole Fouquette, du nom d\\&#8217;un habitant de la r\u00e9gion, \u00e9tait situ\u00e9e juste au sud de la colline. En 1900, un nouveau district scolaire catholique public avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au sud du hameau, avec une nouvelle \u00e9cole nomm\u00e9e \u00ab Plante School \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\\&#8217;\u00e9v\u00eaque \u00c9mile L\u00e9gal a visit\u00e9 la paroisse en 1899 pour confirmer 19 enfants. C\\&#8217;\u00e9tait un tel honneur d\\&#8217;\u00eatre confirm\u00e9 par Monseigneur L\u00e9gal que 15 d\\&#8217;entre eux ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s une deuxi\u00e8me fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peu \u00e0 peu, les paroissiens ont collect\u00e9 des fonds pour embellir leur \u00e9glise. Une loterie et un souper organis\u00e9s en janvier 1900 ont permis de r\u00e9colter la somme de 300 $. De nouvelles statues et images ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es, mais il manquait encore un \u00e9l\u00e9ment important : un orgue. Un orgue a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 pour 100 $, mais l\\&#8217;\u00e9glise s\\&#8217;est aper\u00e7ue que personne ne savait en jouer. Mme Zenaide Lavigne a accept\u00e9 d\\&#8217;apprendre et, en quelques mois, les paroissiens ont pu profiter de l\\&#8217;accompagnement de leur propre orgue d\\&#8217;\u00e9glise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1899, des d\u00e9marches ont \u00e9t\u00e9 entreprises pour obtenir une ligne t\u00e9l\u00e9phonique entre le sud d\u2019Edmonton et Beaumont. Le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire a \u00e9t\u00e9 obtenu du gouvernement et le CPR a donn\u00e9 la permission d\\&#8217;utiliser ses poteaux t\u00e9l\u00e9graphiques pour installer la ligne t\u00e9l\u00e9phonique. Des poteaux ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s et transport\u00e9s pour couvrir les douze miles entre le hameau et la voie ferr\u00e9e. La construction de la ligne devait commencer au printemps 1899. Cependant, au cours de l\\&#8217;hiver, le CPR a retir\u00e9 son autorisation d\\&#8217;utiliser les poteaux t\u00e9l\u00e9graphiques, informant les habitants que les lignes t\u00e9l\u00e9phoniques et t\u00e9l\u00e9graphiques ne pouvaient pas \u00eatre install\u00e9es sur les m\u00eames poteaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Trente hommes d\u00e9termin\u00e9s de la r\u00e9gion ont refus\u00e9 d\\&#8217;accepter cette d\u00e9faite. Ils ont fourni des poteaux pour couvrir la distance jusqu\\&#8217;\u00e0 Strathcona et chacun a fait un don de 2 dollars pour couvrir le co\u00fbt de la construction des lignes. D\\&#8217;autres ont ensuite suivi leur exemple. Un contrat pour la construction de la ligne a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 pour un montant de 95 dollars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malheureusement, apr\u00e8s un retard consid\u00e9rable, le contrat a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9, puis attribu\u00e9 \u00e0 deux paroissiens pour qu\\&#8217;ils commencent imm\u00e9diatement les travaux. En raison d\\&#8217;un hiver exceptionnellement froid et d\\&#8217;un \u00e9t\u00e9 pluvieux, ils n\\&#8217;ont pas pu avancer dans le projet. Lorsque les premi\u00e8res gel\u00e9es automnales sont arriv\u00e9es, les entrepreneurs ont refus\u00e9 de terminer le travail.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Craignant que le gouvernement ne reprenne le mat\u00e9riel qu\\&#8217;il avait d\u00e9j\u00e0 fourni, les colons ont attribu\u00e9 un contrat de construction \u00e0 M. Pierre B\u00e9rub\u00e9. Il a achev\u00e9 la ligne en janvier 1901. Beaumont pouvait enfin communiquer par t\u00e9l\u00e9phone avec Strathcona, Edmonton, St. Albert et Morinville. Mais le co\u00fbt de la ligne \u00e9tait pass\u00e9 de 95 $ \u00e0 130,25 $, sans compter le retard impr\u00e9vu de deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 un \u00e9t\u00e9 suffisamment humide pour interrompre la construction de la ligne t\u00e9l\u00e9phonique vers Edmonton, les r\u00e9coltes de l\\&#8217;automne 1900 furent abondantes. Le 1er ao\u00fbt, une violente temp\u00eate de gr\u00eale d\u00e9truisit soudainement la plupart des r\u00e9coltes au nord du village. Avec les pluies qui suivirent, les r\u00e9coltes semblaient perdues. Mais le temps redevint rapidement ensoleill\u00e9 et le grain restant m\u00fbrit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin du 25 ao\u00fbt, le sol \u00e9tait recouvert de cinq \u00e0 six pouces de neige tomb\u00e9e pendant la nuit. \u00c9tonnamment, apr\u00e8s la fonte des neiges, les champs s\\&#8217;ass\u00e9ch\u00e8rent et on r\u00e9colta jusqu\\&#8217;\u00e0 80 boisseaux par acre, d\u00e9passant de loin les attentes. On ne cultivait pas de bl\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, car aucune vari\u00e9t\u00e9 \u00e0 maturation rapide n\\&#8217;avait encore \u00e9t\u00e9 mise au point pour le nord de l\\&#8217;Alberta. Les c\u00e9r\u00e9ales telles que l\\&#8217;avoine et l\\&#8217;orge \u00e9taient les plus couramment cultiv\u00e9es dans la r\u00e9gion de Beaumont.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 25 septembre de la m\u00eame ann\u00e9e, la neige recouvrait \u00e0 nouveau le sol, mais cette fois-ci, toutes les r\u00e9coltes avaient \u00e9t\u00e9 moissonn\u00e9es et mises \u00e0 l\\&#8217;abri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1902, le district scolaire de Fouquette a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par deux districts, Clearwater et Beaumont. Une nouvelle \u00e9cole a \u00e9t\u00e9 construite dans le village, car de nombreuses nouvelles familles sont arriv\u00e9es \u00e0 Beaumont en provenance du Wisconsin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le p\u00e8re Ethier quitta la paroisse et le r\u00e9v\u00e9rend S. Bouchard fut envoy\u00e9 comme cur\u00e9. C\\&#8217;est lui qui d\u00e9limita pour la premi\u00e8re fois le cimeti\u00e8re derri\u00e8re l\\&#8217;\u00e9glise. Il prit sa retraite l\\&#8217;ann\u00e9e suivante et fut remplac\u00e9 par le p\u00e8re [Qu\u00e9villion]. Le travail pastoral de ce pr\u00eatre consistait \u00e0 diriger l\\&#8217;\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1905, il fut remplac\u00e9 par le p\u00e8re [J.A.] Ouellette qui apporta de nombreuses am\u00e9liorations \u00e0 l\\&#8217;\u00e9glise et au presbyt\u00e8re. Un clocher fut construit pour la cloche de l\\&#8217;\u00e9glise qui, jusqu\\&#8217;alors, se trouvait sur une tourelle entre l\\&#8217;\u00e9glise et le presbyt\u00e8re. Des arbres furent plant\u00e9s dans l\\&#8217;enceinte de l\\&#8217;\u00e9glise et sont encore debout aujourd\\&#8217;hui*. Un porche fut \u00e9galement ajout\u00e9 au presbyt\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La paroisse de Beaumont comptait alors une centaine de familles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le p\u00e8re [J.A.] Ouellette quitta la paroisse apr\u00e8s deux ans pour occuper un poste d\\&#8217;agent de colonisation. Les r\u00e9v\u00e9rends [G.] Simon, Daguy, A. Desrocher et A. Gauthier, de Dakota, agrandirent et r\u00e9nov\u00e8rent le presbyt\u00e8re en y ajoutant un bureau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 son retour \u00e0 la paroisse St. Vital en 1912, le p\u00e8re Ouellette reprit la direction de la paroisse jusqu\\&#8217;en 1919. L\\&#8217;ancien presbyt\u00e8re fut d\u00e9moli en 1917 et remplac\u00e9 par un nouveau b\u00e2timent en 1919. Ce presbyt\u00e8re resta en place jusqu\\&#8217;en 1958. Des r\u00e9novations furent \u00e9galement effectu\u00e9es dans l\\&#8217;\u00e9glise pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la nuit du 10 f\u00e9vrier 1918, l\\&#8217;\u00e9glise a \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9truite par un incendie. Toutes les belles statues, les lustres et les v\u00eatements liturgiques que les gens avaient eu tant de mal \u00e0 obtenir ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s pendant que les paroissiens dormaient, inconscients du d\u00e9sastre. Le matin, il ne restait plus que des cendres. Aujourd\\&#8217;hui*, les restes m\u00e9talliques tordus de la cloche sont en possession de M. L\u00e9on Lavigne, un r\u00e9sident local qui vit \u00e0 1,5 mile \u00e0 l\\&#8217;ouest de Beaumont.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\\&#8217;\u00e9cole a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour les offices jusqu\\&#8217;\u00e0 la construction d\\&#8217;une simple salle en 1919. La construction d\\&#8217;une nouvelle \u00e9glise est alors devenue une priorit\u00e9 absolue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un emplacement avait \u00e9t\u00e9 choisi \u00e0 l\\&#8217;automne 1918, avant le d\u00e9part du p\u00e8re Ouellette. Cependant, cet emplacement n\\&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 par tous les habitants lorsque les constructeurs ont d\u00e9couvert que les fondations de l\\&#8217;\u00e9glise s\\&#8217;\u00e9tendaient jusqu\\&#8217;\u00e0 l\\&#8217;ancien cimeti\u00e8re. \u00c0 son arriv\u00e9e en avril 1919, le p\u00e8re Normandeau a sugg\u00e9r\u00e9 de recommencer, en d\u00e9pla\u00e7ant cette fois les fondations l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 l\\&#8217;ouest du site initial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les travaux ont v\u00e9ritablement commenc\u00e9 au printemps 1919. Huit mille dollars ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des banquets, des parties de cartes, des collectes, des dons et la vente de bancs simples construits par les paroissiens locaux. Plusieurs milliers de dollars ont \u00e9t\u00e9 \u00e9conomis\u00e9s gr\u00e2ce aux dons de main-d\\&#8217;\u0153uvre et de mat\u00e9riaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bois et les briques ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9s de Leduc et la pierre, le sable et le gravier ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s depuis des endroits situ\u00e9s \u00e0 plus de six miles de Beaumont. Tout le transport a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 \u00e0 l\\&#8217;aide de chevaux et de charrettes. Aucune machine n\\&#8217;\u00e9tait disponible pour la construction et des chevaux tirant des d\u00e9capeuses ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour creuser le sous-sol de l\\&#8217;\u00e9glise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\\&#8217;histoire suivante est racont\u00e9e par M. Arthur Morin, de Beaumont :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors qu\\&#8217;il ne restait plus qu\\&#8217;un dernier chargement de sable pour terminer les travaux de l\\&#8217;\u00e9glise, tous les agriculteurs se sont pr\u00e9cipit\u00e9s hors du chantier pour rejoindre leurs champs. Du gel \u00e9tait pr\u00e9vu pour cette nuit-l\u00e0 et, \u00e0 moins que leurs r\u00e9coltes ne soient rentr\u00e9es, tout serait perdu. Le p\u00e8re Normandeau a suivi les agriculteurs dans leurs champs et a suppli\u00e9 quelqu\\&#8217;un de revenir pour transporter le dernier chargement de sable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Personne ne voulait risquer la r\u00e9colte d\\&#8217;une ann\u00e9e pour un seul chargement de sable destin\u00e9 \u00e0 l\\&#8217;\u00e9glise. Finalement, le p\u00e8re Normandeau a dit \u00e0 Arthur Morin que s\\&#8217;il l\\&#8217;aidait \u00e0 transporter le chargement, sa r\u00e9colte serait sauv\u00e9e. M. Morin a \u00e9t\u00e9 tellement surpris par cette promesse qu\\&#8217;il a pris ses chevaux pour aller chercher le chargement de sable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 son retour \u00e0 l\\&#8217;\u00e9glise vers 22 heures, il fut accueilli par des hommes pr\u00eats \u00e0 d\u00e9charger et \u00e0 r\u00e9pandre le sable. Il n\\&#8217;y eut finalement pas de gel cette nuit-l\u00e0. Non seulement l\\&#8217;\u00e9glise fut achev\u00e9e, mais les r\u00e9coltes de M. Morin furent \u00e9galement moissonn\u00e9es et pr\u00e9serv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vie \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s dure pour les familles d\\&#8217;agriculteurs. Les r\u00e9coltes se composaient principalement de pommes de terre, de foin et de c\u00e9r\u00e9ales telles que l\\&#8217;avoine et l\\&#8217;orge. L\\&#8217;agriculture \u00e9tait pratiqu\u00e9e avec les outils les plus simples<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pg. 16<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">et la force des chevaux. Les terres \u00e9taient d\u00e9frich\u00e9es et labour\u00e9es \u00e0 l\\&#8217;aide de charrues simples. Les habitants de la r\u00e9gion se souviennent que les populations abondantes de lapins constituaient la base de leur alimentation hivernale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les produits destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre vendus \u00e0 Strathcona \u00e9taient transport\u00e9s sous du foin par temps froid pour \u00e9viter qu\\&#8217;ils ne g\u00e8lent.&nbsp; Les pommes de terre et peut-\u00eatre les \u0153ufs \u00e9taient apport\u00e9s au march\u00e9, vendus, le foin \u00e9tait vendu et les provisions \u00e9taient ramen\u00e9es \u00e0 la ferme sous une r\u00e9serve de foin soigneusement conserv\u00e9e. Les agriculteurs partaient pour le march\u00e9 \u00e0 4 heures du matin afin d\\&#8217;arriver \u00e0 midi dans le quartier qui est aujourd\\&#8217;hui celui de la 83e avenue et de la 104e rue \u00e0 Edmonton. De nombreuses familles francophones vivaient dans cette r\u00e9gion de Strathcona, il \u00e9tait donc facile de mener ses affaires en anglais ou en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes se rendaient en ville une fois par an. Les catalogues et les magasins ambulants proposaient la plupart des produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 qui n\\&#8217;\u00e9taient pas fabriqu\u00e9s ou cultiv\u00e9s \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900, les enfants de Beaumont et des environs allaient rarement \u00e0 l\\&#8217;\u00e9cole au-del\u00e0 de la 8e ann\u00e9e. Et l\\&#8217;ann\u00e9e scolaire \u00e9tait forc\u00e9ment interrompue lorsque tous \u00e9taient recrut\u00e9s pour aider aux r\u00e9coltes ou \u00e0 la cueillette des pommes de terre. Jusqu\\&#8217;\u00e0 40 enfants fr\u00e9quentaient \u00e0 la fois l\\&#8217;\u00e9cole \u00e0 classe unique de Beaumont. L\\&#8217;enseignante \u00e9tait log\u00e9e chez des familles locales. La vie \u00e9tait souvent aussi difficile pour elle que pour la plupart de ses \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les enfants utilisaient des ardoises pour \u00e9conomiser le papier des cahiers \u00e0 cinq cents. L\\&#8217;\u00e9cole elle-m\u00eame \u00e9tait chauff\u00e9e par un po\u00eale \u00e0 bois central. En hiver, il n\\&#8217;\u00e9tait pas rare que les encriers soient gel\u00e9s chaque matin. Une anecdote raconte un aspect plus positif de ce type de syst\u00e8me de chauffage. Un jour, les enfants ont clou\u00e9 la sangle \u00e0 une planche et l\\&#8217;ont jet\u00e9e dans le po\u00eale \u00e0 bois, ce qui leur a valu un r\u00e9pit temporaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On se souvient que les taxes scolaires s\\&#8217;\u00e9levaient \u00e0 18 dollars par an \u00e0 cette \u00e9poque. La taxe annuelle de 16 dollars pouvait \u00eatre acquitt\u00e9e en deux jours \u00e0 l\\&#8217;aide d\\&#8217;un cheval et d\\&#8217;une raclette.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La plupart des familles agricoles \u00e9taient nombreuses. Les b\u00e9b\u00e9s de la r\u00e9gion \u00e9taient mis au monde par des sages-femmes autodidactes locales, telles que Mme Lambert et Mme Morin. Les habitants se souviennent qu\\&#8217;enfants, on leur disait que les [Premi\u00e8res Nations] apportaient les nouveaux b\u00e9b\u00e9s. Avant chaque naissance, tout le monde \u00e9tait emmen\u00e9 chez un voisin jusqu\\&#8217;\u00e0 ce que le b\u00e9b\u00e9 soit n\u00e9. Vers 1918, un m\u00e9decin de Leduc \u00e9tait disponible pour se rendre \u00e0 Beaumont et dans les environs. Il \u00e9tait souvent pay\u00e9 en produits agricoles, par exemple la moiti\u00e9 d\\&#8217;un porcelet au printemps pour avoir mis un b\u00e9b\u00e9 au monde. \u00c9tonnamment, il y avait peu de d\u00e9c\u00e8s infantiles et la plupart des enfants grandissaient dans la ferme de leurs parents et y restaient pour travailler jusqu\\&#8217;\u00e0 ce qu\\&#8217;ils se marient eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les divertissements prenaient la forme de bals priv\u00e9s avec de la musique d\\&#8217;accord\u00e9on, de violon et d\\&#8217;harmonica.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\\&#8217;alcool de contrebande, souvent color\u00e9 avec du sucre caram\u00e9lis\u00e9 et dont la force \u00e9tait test\u00e9e en approchant une allumette enflamm\u00e9e d\\&#8217;une cuill\u00e8re \u00e0 caf\u00e9, \u00e9tait \u00ab l\\&#8217;esprit \u00bb de l\\&#8217;\u00e9poque. Le mo\u00fbt restant apr\u00e8s la distillation \u00e9tait \u00e0 l\\&#8217;origine de certains des moments les plus l\u00e9gers de la vie \u00e0 la ferme. Il \u00e9tait utilis\u00e9 pour nourrir les animaux. Les enfants qui ne prenaient pas soin de limiter la quantit\u00e9 donn\u00e9e aux poulets et aux cochons \u00e9taient divertis par les pitreries de leurs animaux, autrement plut\u00f4t ennuyeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Premi\u00e8re Guerre mondiale a vu l\\&#8217;exode de nombreux hommes valides du village et de la paroisse. La conscription n\\&#8217;affectait pas directement les agriculteurs. Ils \u00e9taient plus utiles \u00e0 travailler la terre. Cependant, des volontaires sont partis, certains pour ne jamais revenir. Ce fut une p\u00e9riode d\\&#8217;incertitude et de deuil, alors que les noms des soldats morts au combat \u00e9taient communiqu\u00e9s aux familles de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 4 juillet 1920, exactement 25 ans apr\u00e8s la premi\u00e8re messe c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans la premi\u00e8re chapelle de Beaumont par le p\u00e8re Morin en 1895, la messe fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans la nouvelle \u00e9glise. Le 14 novembre 1920, l\\&#8217;\u00e9glise fut inaugur\u00e9e et la nouvelle cloche de 2 000 livres, \u00ab Marie Vitaline \u00bb, fut b\u00e9nie. La cloche \u00e9tait un cadeau des paroissiens. Ce jour-l\u00e0, 1 600 dollars ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s en dons pour avoir le privil\u00e8ge de faire sonner la nouvelle cloche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les travaux qui se poursuivaient sur l\\&#8217;\u00e9glise n\\&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 sans trag\u00e9die. Un contrema\u00eetre, M. M. Dupas, a perdu l\\&#8217;\u00e9quilibre sur un \u00e9chafaudage et est tomb\u00e9, trouvant la mort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au total, la construction de l\\&#8217;\u00e9glise a co\u00fbt\u00e9 environ 30 000 dollars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recensement de Beaumont de 1921 d\u00e9nombrait 110 familles canadiennes-fran\u00e7aises et 15 familles anglophones dans la r\u00e9gion, contre 45 familles fran\u00e7aises et 35 familles anglaises en 1898. La raison de cette croissance relativement lente par rapport aux 100 familles recens\u00e9es en 1912 r\u00e9side dans le fait que certaines familles quittaient la r\u00e9gion pour s\\&#8217;installer plus au nord, autour de St. Paul des M\u00e9tis et Moose Lake. Une vingtaine de maisons avaient \u00e9t\u00e9 construites autour de l\\&#8217;\u00e9glise dans le hameau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les services comprenaient deux magasins g\u00e9n\u00e9raux (le magasin Moreau et le magasin Lavigne), un bureau de poste, la Banque d\\&#8217;Hochelaga, la forge Charbonneau et l\\&#8217;\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1922, le p\u00e8re Bernier a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 cur\u00e9 de la paroisse jusqu\\&#8217;\u00e0 son remplacement par le p\u00e8re Gaborit en 1924. En 1927, la dette de l\\&#8217;\u00e9glise avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 13 700 $.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les activit\u00e9s sociales, le Beaumont Band s\\&#8217;est form\u00e9 en 1925. Dix-huit hommes \u00e9quip\u00e9s d\\&#8217;instruments d\\&#8217;occasion ont appris \u00e0 jouer sous la direction du p\u00e8re Gaborit. Ils se rendaient souvent dans d\\&#8217;autres communaut\u00e9s pour jouer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les ann\u00e9es 1920, le baseball, les courses et le tir \u00e0 la corde \u00e9taient des sports tr\u00e8s populaires. Il est int\u00e9ressant de noter que l\\&#8217;\u00e9quipe de tir \u00e0 la corde de Beaumont, compos\u00e9e de sept hommes qui s\\&#8217;entra\u00eenaient deux \u00e0 trois fois par semaine, est rest\u00e9e invaincue par ses rivaux. Son troph\u00e9e en argent a depuis disparu du KC Hall de Beaumont. Ces comp\u00e9titions, loin d\\&#8217;\u00eatre des exercices de ferme laiti\u00e8re, \u00e9taient des batailles acharn\u00e9es pouvant durer jusqu\\&#8217;\u00e0 45 minutes contre des adversaires coriaces tels que l\\&#8217;\u00e9quipe de Leduc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La majorit\u00e9 de la population vivait encore dans des fermes, dans des maisons en rondins recouvertes de bardeaux, comme celle de Mme R\u00e9gina Bilodeau en 1927.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mme Bilodeau a \u00e9lev\u00e9 12 enfants dans cette maison et aujourd\\&#8217;hui*, \u00e0 l\\&#8217;\u00e2ge de 94 ans, elle est la doyenne du village. La Grande D\u00e9pression a ensuite eu une influence majeure sur Beaumont et ses environs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>(\u00c0 suivre)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ANECDOTE : Un jour, R\u00e9gina a \u00e9t\u00e9 interrompue par deux membres des Premi\u00e8res Nations qui ont ouvert sa porte et sont entr\u00e9s. Craignant le pire, ses enfants se sont rassembl\u00e9s autour d\\&#8217;elle. Mais tout ce que les deux hommes voulaient, c\\&#8217;\u00e9tait sa tarte aux baies fra\u00eeches et du th\u00e9. Ils sont repartis aussi discr\u00e8tement qu\\&#8217;ils \u00e9taient venus. (Voir page 244 du livre d\\&#8217;histoire de Beaumont).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pg. 15 The Representative, Leduc, Alberta, 5 avril 1978* Histoire de Beaumont \u2013 de la colonie au hameau Par Barbara Willis Le premier article de cette s\u00e9rie sur l\\&#8217;histoire de&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2879","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2879"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2925,"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2879\/revisions\/2925"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}