{"id":1887,"date":"2026-03-16T18:56:57","date_gmt":"2026-03-16T18:56:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/?page_id=1887"},"modified":"2026-03-16T19:08:00","modified_gmt":"2026-03-16T19:08:00","slug":"sur-leurs-traces","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.beaumontheritage.com\/index.php\/sur-leurs-traces\/","title":{"rendered":"Sur Leurs Traces &#8211; Chapitre 1"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L&#8217;HISTOIRE DES PIONNIERS DE BEAUMONT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>SUR LEURS TRACES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ann\u00e9es 1880 \u2013 1950<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>CHAPITRE 1 \u2013 LA COLONISATION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maison Saint-Jacques :<\/strong> Ahhh, mais oui, je suis vieille. Assez vieille pour que mes planchers se d\u00e9forment et que mes portes grincent. Je me souviens du centenaire de Beaumont. <em>J&#8217;<\/em>ai moi-m\u00eame plus de 100 ans. Il y a tant de murmures du pass\u00e9 autour de moi. J&#8217;ai entendu les histoires, j&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 les rires, j&#8217;ai partag\u00e9 les larmes \u2013 ahh, tout ce que j&#8217;ai vu&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Cette terre verdoyante, couverte de prairies, de peupliers et d&#8217;\u00e9pic\u00e9as, de broussailles et de mar\u00e9cages o\u00f9 l&#8217;herbe atteint la taille d&#8217;un homme, n&#8217;avait jamais \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par la charrue ou le poteau. De vastes troupeaux de bisons y paissaient, fournissant nourriture et v\u00eatements aux Premi\u00e8res Nations cries des Plaines, qui se d\u00e9pla\u00e7aient librement sous un ciel immense entre la rivi\u00e8re Saskatchewan Nord et le Montana. Ce vaste territoire et les traditions autochtones s&#8217;\u00e9tendaient sur des cours d&#8217;eau brumeux et des si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la richesse repr\u00e9sent\u00e9e par les bisons s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre une opportunit\u00e9 irr\u00e9sistible pour les chasseurs et les commer\u00e7ants euro-canadiens. Cette population animale, autrefois illimit\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9e pour ses peaux, laissant les peuples autochtones dans le d\u00e9nuement.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1876, en vertu du Trait\u00e9 n\u00b0 6 \u2013 dont le territoire comprend l&#8217;actuelle ville de Beaumont \u2013, des r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es aux Premi\u00e8res Nations, qui ont accept\u00e9 de mettre fin \u00e0 leur mode de vie nomade en \u00e9change de mat\u00e9riel agricole et d&#8217;une aide pour apprendre \u00e0 cultiver leurs terres d\u00e9sormais r\u00e9duites. Ces trait\u00e9s ont ouvert la voie \u00e0 la construction des chemins de fer et \u00e0 l&#8217;immigration massive.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1877, dans le cadre du Trait\u00e9 n\u00b0 6, sign\u00e9 \u00e0 Fort Edmonton, les Papaschase-Cree se sont vu attribuer une r\u00e9serve juste au nord de la future ville de Beaumont, une superficie plus petite que celle \u00e0 laquelle ils avaient droit, afin de ne pas g\u00eaner les colons.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur mode de vie a chang\u00e9 \u00e0 jamais. Le gouvernement de l&#8217;\u00e9poque a reni\u00e9 les accords du trait\u00e9 et n&#8217;a pas fourni le mat\u00e9riel agricole, les instructions, la nourriture ou l&#8217;aide m\u00e9dicale n\u00e9cessaires. En 1885, dans des conditions de famine, de nombreux membres de la bande ont accept\u00e9 l&#8217;argent du gouvernement en \u00e9change de leurs terres de r\u00e9serve et ont quitt\u00e9 la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maison St. Jacques : <\/strong>Je n&#8217;ai m\u00eame pas encore \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue. Aucune maison ne pars\u00e8me la prairie ici, mais elles vont bient\u00f4t arriver.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>La Compagnie de la Baie d&#8217;Hudson \u00e9tait propri\u00e9taire de cette vaste \u00e9tendue de l&#8217;Ouest, appel\u00e9e \u00ab Terre de Rupert \u00bb. En 1872, la Compagnie a c\u00e9d\u00e9 la majeure partie de ses terres au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un colon :<\/strong> Le gouvernement offre 160 acres gratuitement \u00e0 toute personne qui s&#8217;installe et cr\u00e9e une propri\u00e9t\u00e9 familiale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Afin d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer la colonisation de l&#8217;Ouest, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a aid\u00e9 la Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique \u00e0 construire un chemin de fer reliant la c\u00f4te est \u00e0 la c\u00f4te ouest. La CPR a re\u00e7u 25 millions de dollars et 25 millions d&#8217;acres \u00e0 vendre pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus. Lorsqu&#8217;elle est arriv\u00e9e \u00e0 Leduc en 1892, cr\u00e9ant ainsi une importante liaison de transport continentale, les colons ont afflu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre que les collines ondulantes, les petits lacs et la nature semblable \u00e0 un parc de cette r\u00e9gion rappelaient \u00e0 ces premiers arrivants leur terre natale. La plupart venaient de l&#8217;Ontario et du Qu\u00e9bec, du Minnesota, de Washington et du Dakota du Nord, et certains venaient d&#8217;Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Hubert et Rebecca Rivard sont descendus du train \u00e0 Leduc en provenance du Minnesota, bien \u00e9quip\u00e9s en machines agricoles pour leur terre familiale, mais avec seulement 50 cents dans leurs poches pour le voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;autres, comme Alexandre et Louise Brassard, venaient de l&#8217;est du Canada<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Louise Brassard : <\/strong>Nous sommes arriv\u00e9s avec nos 9 enfants dans une temp\u00eate de neige aveuglante en provenance de Jonqui\u00e8re, au Qu\u00e9bec, avec un wagon couvert rempli d&#8217;effets personnels, notamment notre m\u00e9tier \u00e0 tisser, notre rouet et notre machine \u00e0 coudre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alexandre Brassard : <\/strong>Et une bonne r\u00e9serve de bois sci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Frank Juneau, \u00e2g\u00e9 de 18 ans, a voyag\u00e9 avec son p\u00e8re et plusieurs colons du Dakota du Nord dans un chariot couvert.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois familles ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 ensemble de Chippewa Falls, dans le Wisconsin : les Lambert, les Gr\u00e9goire et les Letourneau, qui pr\u00e9paraient tous leurs repas sur un po\u00eale install\u00e9 dans le wagon couvert dans lequel ils voyageaient.<\/p>\n\n\n\n<p>La veuve Marie Hinse, avec ses 9 enfants, a accept\u00e9 l&#8217;invitation de son fr\u00e8re, Pierre B\u00e9rub\u00e9, \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager vers l&#8217;ouest. Elle est arriv\u00e9e apr\u00e8s un voyage en train de 4 jours depuis Sainte-Julie, au Qu\u00e9bec, avec 1 500 dollars, dont une partie a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e avec beaucoup de parcimonie pour acheter un attelage de chevaux, deux juments, un chariot et un harnais.<\/p>\n\n\n\n<p>Ernest Dagenais est arriv\u00e9 de Sainte-Rose, au Qu\u00e9bec, avec 6 000 dollars pour acheter deux quarts de section de terre \u00e0 un fermier, John More, 80 t\u00eates de b\u00e9tail et quatre chevaux. Mais la terre n&#8217;\u00e9tait pas cl\u00f4tur\u00e9e et un jour, tout son b\u00e9tail s&#8217;est enfui, ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vastateur. Un mois plus tard, il s&#8217;est r\u00e9veill\u00e9 un matin et a d\u00e9couvert qu&#8217;ils \u00e9taient tous revenus dans sa cour.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&#8217;ils soient bien pr\u00e9par\u00e9s ou qu&#8217;ils d\u00e9butent, les pionniers sont venus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maison St. Jacques : <\/strong>J&#8217;ai entendu les histoires des colons qui traversaient le ruisseau Black Mud en route vers Leduc en charrette. Cela aurait d\u00fb \u00eatre une partie facile de leur voyage vers la r\u00e9gion de Beaumont. Mais au printemps, le ruisseau d\u00e9bordait de ses berges. Une petite d\u00e9pression dans le paysage des prairies se transformait en une vaste \u00e9tendue d&#8217;eau. Les immigrants construisaient des radeaux pour \u00e9viter des kilom\u00e8tres et des kilom\u00e8tres de d\u00e9tours. Ils traversaient avec leur \u00e9quipement et leur b\u00e9tail pour atteindre leur nouvelle patrie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00e8re Jean-Baptiste Morin :<\/strong> Je suis le p\u00e8re Jean-Baptiste Morin. En tant qu&#8217;agent de colonisation, j&#8217;avais pour mission de recruter des colons canadiens-fran\u00e7ais pour l&#8217;Ouest. En neuf ans, j&#8217;ai effectu\u00e9 28 voyages \u00e0 travers le Canada et les \u00c9tats-Unis. <em>Au final<\/em>, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 responsable de la r\u00e9installation de plus de 620 nouveaux arrivants dans ce qu&#8217;on appelle les prairies des Territoires du Nord-Ouest, avant m\u00eame que l&#8217;Alberta ne devienne une province en 1905.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Royer :<\/strong> Je m&#8217;appelle Jean Royer. Ma femme \u00c9lise et nos six enfants faisaient partie des 42 colons que le p\u00e8re Morin a amen\u00e9s par train depuis Montr\u00e9al en 1894. Notre premi\u00e8re maison \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 1 mile au sud et 4 miles \u00e0 l&#8217;est du petit village sur la colline. Apr\u00e8s avoir habit\u00e9 et d\u00e9frich\u00e9 suffisamment de terres, j&#8217;ai eu le droit de recevoir mon brevet de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re cinq ans plus tard. Notre maison est ouverte \u00e0 tous et ma femme est une tr\u00e8s bonne cuisini\u00e8re, alors on est devenus le lieu de rencontre pour la famille, amis et voisins.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Le gouvernement canadien a \u00e9galement imprim\u00e9 des affiches en langues europ\u00e9ennes pour encourager l&#8217;immigration. Elles ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es en Russie, en Su\u00e8de, en Angleterre, en \u00c9cosse, en Irlande, \u00e0 Gibraltar, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, en Bretagne et en Normandie.<\/p>\n\n\n\n<p>La famille Accarias, Auguste et Louise, est arriv\u00e9e au Canada en 1912 en provenance de France apr\u00e8s avoir vu un d\u00e9pliant annon\u00e7ant 160 acres de terre gratuite, moyennant des frais d&#8217;inscription de 10 dollars. Cela semblait \u00eatre une occasion en or pour toute la famille et pour leurs fils d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 la conscription militaire. Ils se sont install\u00e9s dans la communaut\u00e9 franco-canadienne de Beaumont huit ans plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses familles sont venues de Pologne. La premi\u00e8re \u00e0 s&#8217;installer dans la r\u00e9gion de Beaumont fut Katarzyna Smigiel, \u00e2g\u00e9e de 66 ans, qui arriva six mois apr\u00e8s que ses enfants se furent install\u00e9s \u00e0 Strathcona. Aujourd&#8217;hui encore, quelqu&#8217;un d\u00e9pose des fleurs sur sa tombe \u00e0 Beaumont. Sur la pierre tombale, on peut lire : \u00ab M\u00e8re des premiers colons polonais \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les familles francophones Chartier, Dumont et Brunelle s&#8217;install\u00e8rent dans la r\u00e9gion, suivies peu apr\u00e8s par les Bolduc, Morin, Juneau, Dubord, Lachappelle, Lambert, Fouquette, Gagnon, Charest, Royer, Goudreau et B\u00e9rub\u00e9. Elles ont rencontr\u00e9 d&#8217;autres familles qui s&#8217;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es : les Elliot, les Hutton, les Heatley, les Wood, les Loughridge, les Muir et les Wilkerson. Au printemps 1883, plus de 20 familles vivaient dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Joseph Leblanc :<\/strong> Je m&#8217;appelle Joseph Leblanc, je suis n\u00e9 en Nouvelle-\u00c9cosse en 1905. Au cours de mes 36 ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 Beaumont, j&#8217;ai notamment \u00e9t\u00e9 directeur de la station de calibrage des \u0153ufs.<\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les nouveaux arrivants choisissaient un quart de section de terre, souvent avec seulement une tente pour s&#8217;abriter. Ils d\u00e9posaient des demandes pour leurs petites fermes et se mettaient au travail, coupant des arbres et d\u00e9frichant les broussailles pour faire de la place pour un petit abri permanent, parfois juste une cabane. Chaque petite cabane avait son propre style et ses particularit\u00e9s et \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement construite en quelques jours seulement. Certaines \u00e9taient portables, afin d&#8217;\u00eatre d\u00e9plac\u00e9es d&#8217;une ferme \u00e0 l&#8217;autre, pour faire croire aux inspecteurs du gouvernement qu&#8217;une propri\u00e9t\u00e9 familiale \u00e9tait en cours de d\u00e9veloppement sur chacune d&#8217;elles, condition pr\u00e9alable \u00e0 l&#8217;obtention du titre de propri\u00e9t\u00e9. Le mobilier \u00e9tait rudimentaire : des blocs de bois pour les bancs et les tables, un po\u00eale et juste un morceau de b\u00e2che et une couverture pour servir de lit. Les pionniers plus chanceux pouvaient importer des bardeaux de toiture en bois.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> M\u00eame dans les ann\u00e9es 1930, les logements \u00e9taient \u00e0 peine ad\u00e9quats. Plut\u00f4t que de vivre dans la vieille maison de leur ferme de Rolly View, Henry Kalis et sa femme Frizine ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 transformer la grange en r\u00e9sidence. Leur fils Harvey se r\u00e9chauffait en hiver en tournant autour du po\u00eale central, seule source de chaleur, sur son \u00ab Kiddy Car \u00bb, v\u00eatu d&#8217;un manteau et de bottes d&#8217;hiver.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour devenir propri\u00e9taire foncier permanent, le candidat devait vivre sur le terrain enregistr\u00e9 pendant au moins six mois, pendant trois ans, et couper des arbres et d\u00e9fricher pour cultiver 50 acres. Si l&#8217;inspecteur \u00e9tait satisfait, un brevet de propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait d\u00e9livr\u00e9 au \u00ab colon de bonne foi \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maison Saint-Jacques :<\/strong> J&#8217;ai entendu dire que ces hommes et ces femmes courageux sont venus revendiquer leurs droits sur de riches terres agricoles et une nouvelle vie, loin de leur famille et du confort qu&#8217;ils connaissaient. Cela n&#8217;a pas d\u00fb \u00eatre une d\u00e9cision facile, ni une vie facile : un travail p\u00e9nible et \u00e9reintant du lever au coucher du soleil, pour forger une nouvelle communaut\u00e9 et un nouveau monde. Beaucoup de leurs anc\u00eatres se souvenaient d&#8217;un riche h\u00e9ritage familial fond\u00e9 sur le travail acharn\u00e9, l&#8217;amour et le sens de l&#8217;humour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>Ernest Gobeil, de Bagotville, au Qu\u00e9bec, cultivait une ferme \u00e0 3 miles \u00e0 l&#8217;ouest de Beaumont. Il a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ernest Gobeil :<\/strong> \u00ab Malgr\u00e9 tout le travail acharn\u00e9, il y avait toujours du temps pour s&#8217;amuser. Un week-end, l&#8217;un des ouvriers agricoles est rentr\u00e9 chez lui, mais a laiss\u00e9 son attelage de chevaux dans notre grange. Les autres hommes ont pris de la peinture rouge et ont peint une paire de lunettes autour des yeux des chevaux blancs et des taches rouges sur tout leur corps. Le pauvre homme a \u00e9t\u00e9 la ris\u00e9e du quartier pendant un certain temps, car il a fallu des mois pour que la peinture s&#8217;estompe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Au d\u00e9but, il s&#8217;agissait d&#8217;une agriculture autosuffisante, pauvre en liquidit\u00e9s, sur des terres largement bois\u00e9es, avec des vaches laiti\u00e8res, des porcs, de la volaille et des moutons. Une ferme typique disposait d&#8217;une cave \u00e0 l\u00e9gumes pour stocker les r\u00e9coltes telles que les pommes de terre, et d&#8217;une glaci\u00e8re ext\u00e9rieure o\u00f9 des blocs de glace recouverts de sciure de bois assuraient la r\u00e9frig\u00e9ration pendant l&#8217;\u00e9t\u00e9. Des puits \u00e9taient \u00e9galement utilis\u00e9s pour conserver les aliments au frais.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers colons ont trouv\u00e9 de nombreux arbres, ce qui leur a permis de construire un type de grange simple en rondins, connue sous le nom de \u00ab grange de tout le monde \u00bb. Les agriculteurs ont calfeutr\u00e9 les murs jusqu&#8217;\u00e0 mi-hauteur pour prot\u00e9ger les animaux des intemp\u00e9ries, tout en laissant l&#8217;air circuler par l&#8217;espace au-dessus. \u00c0 mesure que de nouveaux colons arrivaient avec plus de capitaux et que la technologie des granges s&#8217;am\u00e9liorait, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 construire des granges en planches d&#8217;influence europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Elise Royer : <\/strong>Je m&#8217;appelle Elise Royer. Voici des extraits de mon journal intime datant de 1894 : de juillet \u00e0 ao\u00fbt, j&#8217;ai d\u00e9frich\u00e9 5 acres de terre. Le 1er septembre, j&#8217;ai commenc\u00e9 la construction d&#8217;une maison, qui a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e en octobre de la m\u00eame ann\u00e9e. Elle mesure 18 x 20 pieds et vaut 30 dollars. J&#8217;ai creus\u00e9 un puits pour l&#8217;eau et j&#8217;ai pass\u00e9 l&#8217;hiver dans la ferme<strong><em>.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voix de George Wilkerson : <\/strong>Je m&#8217;appelle George Wilkerson, je suis propri\u00e9taire d&#8217;un troupeau de chevaux qui s&#8217;agrandit de 16 ou 17 nouveaux poulains chaque ann\u00e9e, dans ma ferme situ\u00e9e dans la r\u00e9gion de Clearwater, au sud de Beaumont.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai des clients impatients, des hommes qui cherchent fortune dans le Klondike. Vous auriez d\u00fb voir le visage des enfants lorsque deux \u00c9cossais, v\u00eatus de kilts, sont arriv\u00e9s par le train de Montr\u00e9al. Ils ont achet\u00e9 un attelage, un chariot de provisions et sont partis pour la ru\u00e9e vers l&#8217;or de 1897.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>John Clutton exploitait une ferme au sud-est de Beaumont. Le 12 f\u00e9vrier 1894, il \u00e9crivait :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>John Clutton : <\/strong>Les pois sauvages et les vesces poussent jusqu&#8217;\u00e0 4 \u00e0 6 pieds de haut et sont si denses que je peux \u00e0 peine m&#8217;y frayer un chemin : cela en dit long sur la richesse du sol. Je n&#8217;ai jamais rien vu de tel. &#8212; Je conseillerais \u00e0 tout jeune agriculteur qui s&#8217;installe dans la vie avec un peu de capital de venir ici. Il trouvera cela mieux que de travailler comme un esclave le reste de ses jours pour payer son loyer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>L&#8217;agriculture ne pouvait pas toujours subvenir aux besoins des familles avec les revenus des cultures et du b\u00e9tail. En 1894, une surabondance mondiale de c\u00e9r\u00e9ales fit chuter les prix \u00e0 un niveau si bas que le bl\u00e9 ne pouvait plus servir qu&#8217;\u00e0 nourrir les porcs, car personne ne voulait l&#8217;acheter. Les c\u00e9r\u00e9ales \u00e9taient l&#8217;un des rares moyens dont disposaient les agriculteurs pour gagner de l&#8217;argent afin de payer leur \u00e9quipement, leurs v\u00eatements et leur nourriture. D\u00e9sormais, les hommes quittaient les fermes pour trouver du travail afin de subvenir aux besoins de leur famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Adrien B\u00e9rub\u00e9 \u00e9tait agriculteur et creusait \u00e9galement des puits pour les agriculteurs de tout le pays, et m\u00eame des trous d&#8217;essai pr\u00e8s des b\u00e2timents l\u00e9gislatifs \u00e0 Edmonton.<\/p>\n\n\n\n<p>Peter Buss Jr., \u00e2g\u00e9 de neuf ans, a \u00e9migr\u00e9 de Varsovie, en Pologne, en 1902 avec sa famille. Il a \u00e9pous\u00e9 Emilie Kneller, une autre nouvelle venue de Russie, et a \u00e9lev\u00e9 une famille de 13 enfants. Peter gagnait sa vie en cultivant un quart de section de terre et en dirigeant un cabinet v\u00e9t\u00e9rinaire tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 dans les r\u00e9gions de Beaumont, Leduc et New Sarepta.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fermier John Dublanko exploitait une mine de charbon \u00e0 Ellerslie. Arthur Demers, un fermier de la r\u00e9gion de Clearwater, travaillait comme plombier \u00e0 Leduc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Achille Durand :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je m&#8217;appelle Dora, je suis l&#8217;une des filles d&#8217;Achille et d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne. \u00c0 leur arriv\u00e9e de Princeville, au Qu\u00e9bec, au printemps 1921, les deux premi\u00e8res r\u00e9coltes de mes parents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites par la gr\u00eale et la troisi\u00e8me a gel\u00e9. C&#8217;\u00e9tait une perte totale. Mais notre famille de six personnes avait toujours besoin d&#8217;\u00eatre nourrie, alors papa est devenu le barbier de la r\u00e9gion pour augmenter nos maigres revenus. Il demandait 25 cents par coupe de cheveux et offrait ses services gratuitement aux plus d\u00e9munis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>Jean Royer, originaire de Saint-Charles-de-Bellechase, au Qu\u00e9bec, a pass\u00e9 des mois loin de sa ferme \u00e0 travailler sur le pont Low-Level \u00e0 Edmonton ou dans des camps forestiers en Colombie-Britannique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9pouses restaient \u00e0 la maison et s&#8217;occupaient seules de la ferme. Les t\u00e2ches telles que la fabrication du savon, le fumage de la viande, les travaux des champs et le jardinage, l&#8217;\u00e9levage du b\u00e9tail, la cuisine, le m\u00e9nage et l&#8217;\u00e9ducation des enfants ne s&#8217;arr\u00eataient pas en l&#8217;absence du mari.<\/p>\n\n\n\n<p>Des t\u00e2ches qui pouvaient \u00e0 peine \u00eatre accomplies par deux adultes \u00e9taient d\u00e9sormais confi\u00e9es \u00e0 une seule personne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les fr\u00e8res Beutler :<\/strong> Je m&#8217;appelle Mary, je suis la fille d&#8217;Adolf Beutler. Mon p\u00e8re et mon oncle Emil, deux fr\u00e8res c\u00e9libataires originaires de Suisse, exploitaient une ferme de 240 acres \u00e0 six miles au sud de Beaumont. Ils ont pass\u00e9 12 ans \u00e0 d\u00e9fricher \u00e0 la main leur propri\u00e9t\u00e9 fortement bois\u00e9e, transportant et vendant des chargements de bois fendu \u00e0 leurs clients de Leduc. Ils \u00e9taient si pauvres qu&#8217;ils n&#8217;avaient qu&#8217;une seule veste en bon \u00e9tat \u00e0 se partager, de sorte que seul l&#8217;un d&#8217;entre eux pouvait sortir, \u00e0 tour de r\u00f4le, tandis que l&#8217;autre restait \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>Les familles avec enfants les occupaient avec des t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res. \u00c0 l&#8217;\u00e2ge de 7 ans, ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme assez grands pour aider. Nourrir les veaux et les porcs, passer le lait dans un s\u00e9parateur pour le baratter en beurre, d\u00e9sherbage et buttage des pommes de terre, ramasser les \u0153ufs et ramener les vaches du p\u00e2turage pour les traire. En plus de cela ou d&#8217;aller \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, ils avaient encore le temps de jouer : chat perch\u00e9, cache-cache, saut \u00e0 la corde, balan\u00e7oire artisanale dans la cour et peut-\u00eatre m\u00eame une balle \u00e0 partager avec leurs fr\u00e8res et s\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1894, Edmonton-Strathcona comptait 1 500 habitants et \u00e9tait un centre commercial en pleine expansion avec des h\u00f4tels, des \u00e9glises, une banque, une communaut\u00e9 d&#8217;affaires et bient\u00f4t un h\u00f4pital. Comme Beaumont n&#8217;avait ni m\u00e9decin ni centre de sant\u00e9, les personnes gravement bless\u00e9es ou malades \u00e9taient transport\u00e9es en tra\u00eeneau en hiver ou en charrette en \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 Leduc, puis en train jusqu&#8217;\u00e0 Edmonton. En 1907, Beaumont comptait un m\u00e9decin praticien, le Dr Emile Roy, suivi du Dr Robert Woods de Leduc, qui effectuait des visites \u00e0 domicile \u00e0 Beaumont pour soigner des patients ou mettre des b\u00e9b\u00e9s au monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pierres tombales de Beaumont t\u00e9moignent des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les colons. George et Florence Tebbits ont perdu deux enfants \u00e0 deux semaines d&#8217;intervalle, qui reposent d\u00e9sormais au cimeti\u00e8re de Clearwater, \u00ab Gone Home \u00bb, Lois Thirza Alberta, \u00e2g\u00e9e de 2 ans et 6 mois. Florence Mary, \u00e2g\u00e9e de 9 mois. D&#8217;autres sont \u00e9galement morts jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>Herv\u00e9 B\u00e9rub\u00e9 raconte une histoire personnelle marqu\u00e9e par une trag\u00e9die infantile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Herv\u00e9 B\u00e9rub\u00e9 :<\/strong> Ma famille vivait \u00e0 2 miles \u00e0 l&#8217;ouest de Beaumont. Ma m\u00e8re \u00e9tait atteinte de tuberculose, il lui \u00e9tait donc tr\u00e8s difficile de s&#8217;occuper des quatre plus jeunes. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que nous serions tous les quatre plac\u00e9s et \u00e9duqu\u00e9s au couvent de la mission Lac LaBiche, \u00e0 une semaine de voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>La veille de notre d\u00e9part, mon fr\u00e8re Rodolphe et moi devions aller chercher le courrier au village. Sur le chemin du retour, nous avons rencontr\u00e9 un ami, Albert Dubord, et nous nous sommes tous arr\u00eat\u00e9s pour jouer dans une flaque d&#8217;eau au bord de la route, probablement contamin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert a contract\u00e9 la dipht\u00e9rie et a \u00e9t\u00e9 soign\u00e9 par un m\u00e9decin de Leduc, mais il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu apr\u00e8s. \u00c0 mi-chemin de la mission, Rodolphe et moi avons commenc\u00e9 \u00e0 nous sentir mal aussi. Le p\u00e8re Boulingue a voyag\u00e9 toute la nuit, un voyage h\u00e9ro\u00efque de 50 miles jusqu&#8217;\u00e0 la ville d&#8217;Athabasca, puis est revenu. Il a apport\u00e9 une antitoxine pour vacciner tous les enfants du couvent. Mais mon fr\u00e8re, qui n&#8217;avait que 9 ans \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, n&#8217;a pas surv\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur : <\/strong>L\u00e9on Chalifoux, \u00e2g\u00e9 d&#8217;un an, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1928 et repose au cimeti\u00e8re de l&#8217;\u00e9glise St. Vital. Il repose d\u00e9sormais aux c\u00f4t\u00e9s de ses deux s\u0153urs, Blanche et Eva, avec lesquelles il partage une pierre tombale, et ils sont enfin r\u00e9unis apr\u00e8s plus de 70 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;\u00e9glise avait une influence consid\u00e9rable. Sans elle, le district serait peut-\u00eatre rest\u00e9 un ensemble de fermes dispers\u00e9es, avec peu ou pas de centre communautaire. L&#8217;\u00e9glise apportait r\u00e9confort, assurance, force et espoir \u00e0 des gens qui avaient de nombreuses raisons de d\u00e9sesp\u00e9rer et, trop souvent, trop peu de raisons de rester optimistes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9v\u00eaque Vital-Justin Grandin : <\/strong>Je suis l&#8217;\u00e9v\u00eaque Vital-Justin Grandin. Outre leur r\u00f4le de guides spirituels, nos eccl\u00e9siastiques sont souvent les seuls liens entre le village et l&#8217;alphab\u00e9tisation et l&#8217;\u00e9ducation. Beaucoup de gens ne savent ni lire ni \u00e9crire. Nous formons un lien de communication pr\u00e9cieux avec le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Dans les ann\u00e9es 1880, la messe \u00e9tait c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans des maisons priv\u00e9es par le p\u00e8re Perreault, de la mission de Stony Plain. L&#8217;arriv\u00e9e mensuelle du p\u00e8re Perreault \u00e9tait annonc\u00e9e par un drapeau blanc hiss\u00e9 sur un long m\u00e2t sur la colline surplombant la colonie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les colons anglophones et francophones ont reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;avoir des \u00e9coles. Au printemps 1894, ils ont construit une \u00e9cole primaire catholique publique sur le terrain de Sherman Johnson, \u00e0 1,5 miles au sud de Beaumont, on l\u2019appelle l\u2019\u00e9cole Fouquet, du nom d&#8217;une des familles fondatrices. Une petite \u00e9glise catholique simple, construite en rondins, fut \u00e9rig\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u2013 notre premi\u00e8re \u00e9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1893, la communaut\u00e9 demanda \u00e0 Mgr Grandin, \u00e0 St. Albert, de lui accorder sa propre paroisse. Une fois cette demande accept\u00e9e, le premier mariage officiellement enregistr\u00e9 dans le registre paroissial fut celui de Pierre Bolduc et Marie Morin, en 1894. La m\u00eame ann\u00e9e, le premier bapt\u00eame fut celui de Delia Juneau, fille de Fran\u00e7ois Juneau et Henriette Bidon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le site actuel de l&#8217;\u00e9glise catholique, au sommet de la colline, est le r\u00e9sultat d&#8217;une mise \u00e0 disposition de terrain en 1895.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>P\u00e8re Louis Poitras<\/strong> : Je suis le p\u00e8re Louis Poitras. Mgr Grandin a achet\u00e9 10 acres de terrain \u00e0 la Compagnie de la Baie d&#8217;Hudson pour 50 $. Le p\u00e8re Lacombe est charg\u00e9 de choisir l&#8217;emplacement o\u00f9 seront construits l&#8217;\u00e9glise de 46 pieds sur 28 et le presbyt\u00e8re voisin. Sous ma direction, la construction de la premi\u00e8re \u00e9glise est achev\u00e9e au printemps 1895. Le p\u00e8re Lacombe a donn\u00e9 \u00e0 la paroisse le nom de St. Vital, en l&#8217;honneur de l&#8217;\u00e9v\u00eaque fondateur, Vital-Justin Grandin. La premi\u00e8re messe dans la nouvelle \u00e9glise est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 30 juin 1895.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur :<\/strong> Au cours de ces premi\u00e8res ann\u00e9es, de la fin du XIXe si\u00e8cle au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, un voyageur passant par la r\u00e9gion de Beaumont n&#8217;aurait peut-\u00eatre pas remarqu\u00e9, au premier abord, qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une communaut\u00e9 importante : quelques fermes, largement s\u00e9par\u00e9es par des arbres, avec une petite \u00e9glise et un centre commercial au sommet d&#8217;une colline.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les colons d&#8217;avant 1900&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;HISTOIRE DES PIONNIERS DE BEAUMONT SUR LEURS TRACES Ann\u00e9es 1880 \u2013 1950 CHAPITRE 1 \u2013 LA COLONISATION Maison Saint-Jacques : Ahhh, mais oui, je suis vieille. 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